INRP en danger : intervention de Line Audin le 5 novembre 2010

lundi 15 novembre 2010
par  ARB


Vendredi 5 novembre, dans les locaux de l’APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public) à Paris, les initiateurs de la pétition en soutien aux missions de l’Institut National de Recherche Pédagogique (http://www.sauvonslarecherche.fr/sp...) ont rendu publiques les 3800 signatures réunies à ce jour, qui ont été transmises aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et au premier ministre.


Pour compléter votre information, vous pouvez lire la page que l’US mag a consacrée à l’INRP dans son supplément au n°685 du 5 octobre 2009.

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US Mag INRP


5 novembre 2010 : intervention de Line Audin, professeur d’anglais et ex-professeur associé à l’INRP


Le point de vue des enseignants associés


Une des spécificités de l’INRP, unanimement saluée malgré les tourmentes qui l’agitent depuis 20 ans, c’est son réseau national d’enseignants associés. Je suis actuellement professeur d’anglais dans un collège Ambition-réussite à Paris et j’ai fait partie de ces milliers de profs du secondaire, qui à un moment ou à un autre ont été associés à l’institut, avec des rétributions souvent symboliques de quelques heures, plus rarement d’une décharge partielle, et comme la plupart d’entre eux, cette expérience a véritablement transformé en profondeur la pratique de mon métier d’enseignante en m’ouvrant les portes de la recherche.


Les enseignants associés occupent une place très particulière du fait de leur double mission : ils sont en prise directe avec le terrain puisqu’ils sont face à des classes toute la semaine, mais il sont aussi membres à part entière d’équipes de recherche. En cela, ils facilitent bien sûr aux chercheurs l’accès au terrain. Mais au-delà de cette fonction, leur présence à l’INRP a profondément renouvelé le paysage didactique, tant du point de vue des problématiques que de celui des expérimentations mises en œuvre : identification des obstacles à l’apprentissage, élaboration de ressources à partir de résultats de recherche, implantation et évaluation de dispositifs expérimentaux innovants en conditions réelles… A l’INRP, le terrain n’est plus seulement pensé comme un élément extérieur qu’il convient d’observer, d’analyser pour éventuellement le transformer. Le terrain entre au cœur même des recherches comme un objet théorique tout en restant au plus près des préoccupations de ses acteurs, les enseignants.


Aujourd’hui, au lieu de protéger cette articulation recherche/terrain si difficile à construire en donnant un statut et des conditions décentes aux enseignants associés on les précarise et avec eux les travaux auxquels ils participent. Comme bien d’autres, j’en fais les frais avec l’annonce par lettre de la suppression de mon mi-temps de recherche à la rentrée. On liquide ainsi sans état d’âme une équipe interdisciplinaire nationale fédérée autour d’un projet bien avancé sur le langage et les mathématiques et on met fin à une expérimentation article 34 qui prive élèves et enseignants des résultats concrets de la recherche en cours.


Un exemple comme de nombreux autres, de ces choix non concertés qui affectent gravement la recherche en éducation et constituent une régression inacceptable pour l’enseignement et la formation.


 


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