« Objectif » ou « Subjectif » en hongrois : comment faire le bon choix grâce au ARB ?

samedi 2 janvier 2016
par  ARB


« Objectif » ou « Subjectif » en hongrois : comment faire le bon choix grâce au ARB ?


Question d’Arabelle : J’apprends le hongrois [1] et je ne comprends pas la différence entre « conjugaison objective » et « conjugaison subjective » [2].


Il est certain que cette catégorisation peut induire en erreur un locuteur français, pour qui « objectif » renvoie spontanément à une réalité exempte de jugement au contraire de « subjectif » qui suppose une interprétation personnelle de cette réalité.


En fait, il s’agit d’une catégorisation purement grammaticale que nous avons du mal à nous approprier car elle n’existe pas en
français. Alors plutôt que de s’escrimer à retenir les critères linguistiques qui commandent une construction ou l’autre en hongrois, faisons un détour par la réalité. Après tout, parler c’est exprimer une réalité intérieure, toute personnelle, pour tâcher de la faire partager à son interlocuteur. Et la réalité que je veux exprimer ne change pas si je change de langue.


C’est pourquoi, pour faciliter la compréhension et l’expression dans une langue étrangère, plutôt que de chercher à calquer le hongrois sur le français, je vais dégager les éléments essentiels de la réalité, ce que je j’appelle par souci de simplicité, le ARB [3]Ici, ce qui importe dans la relation ARB, c’est l’élément B, le but de la relation.


En hongrois, l’énonciateur utilise la conjugaison objective, s’il veut évoquer un élément B spécifique, suffisamment déterminé par la situation de communication pour son interlocuteur sache de qui, de quoi il parle.


Imaginons la situation suivante : Paul est au parc, il regarde son chien s’amuser avec les enfants de son ami Pierre et il dit : 


(1) Mon chien aime bien tes enfants.


Quand utilise-t-on la conjugaison subjective ? Dans la même situation, Paul peut aussi dire : 


(2) Mon chien aime bien les enfants.


Dans cet énoncé, A, le chien de Paul, est le seul élément déterminé, précis, identifié. Cette fois, l’élément B renvoie aux enfants en général, par opposition aux adultes par exemple. Paul donne une information à propos de A, son chien, le sujet de l’énoncé. C’est pourquoi on parle ici de conjugaison subjective


[1Cette langue nous paraît encore plus étrang-ère que d’autres, car elle appartient au groupe de langues finno-ougriennes, constitué d’une part du groupe finnique (finnois, lapon, etc.), d’autre part du groupe ougrien (hongrois,…). http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/finno-ougrien_finno-ougrienne/33845(consulté le 05/11/15)

[2Ce qu’on trouve dans les grammaires de hongrois : La conjugaison subjective est utilisée quand le verbe n’a pas de complément d’objet direct ou lorsque le COD n’est pas déterminé par un article défini, un adjectif démonstratif, un suffixe possessif, etc. La conjugaison objective s’emploie lorsque le verbe ou un verbe à l’infinitif subordonné au premier a un COD de la 3e personne déterminé par un article défini, un adjectif démonstratif, un suffixe possessif, etc. http://projetbabel.org/hongrois/grammaire_3_9.php(consulté le 05/11/15)

[3Bref rappel sur le ARB :


Règle 1 : comprendre un énoncé, c’est comprendre la réalité à laquelle il renvoie.


Règle 2 : cette réalité ne change pas quand je change de langue.


Règle 3 : la relation ARB facilite le passage entre langue et réalité.


Règle 4 : le relateur R, en général le verbe conjugué, met en relation un élément A de la réalité, la source de la relation, à un élément B, le but. Dans la réalité, AIMER suppose quelqu’un qui aime, c’est l’élément A, et quelqu’un ou quelque chose à aimer, l’élément B, indépendamment de leur présence ou non dans la phrase et de leur place :


(1) Moi, mon chien il aime bien les enfants. 


(2) Tes enfants, mon chien les aime bien. 


(1) et (2) renvoient au même ARB : CHIEN–AIMER-ENFANTS 


Bibliographie sur le ARB : http://eurouault.lautre.net/spip/spip.php?article62


Portfolio

PNG - 413.9 ko PNG - 453 ko

Commentaires

Navigation